"Macbeth"

William Shakespeare

 

traduction : Claude Mourthé

mise en scène : Katharina Stegemann

assistant à la mise en scène : Marc Woog

création lumière et régie : Vincent Scalbert

 

 

 

photos / presse / dossier de presse / flyer

 
 

C’est un « Macbeth » en prose, traduit et adapté spécialement par Claude Mourthé (prix Apollinaire 1999), interprété par la troupe du Filmoir. C’est la confusion du littéral et du métaphorique, la contre-nature et le chaos, la soif de pouvoir et la légitimité de sa conquête. C’est l’Homme face à une prophétie, face à la foi, face à lui-même comme face à un miroir. C’est une chambre noire où les Sorcières sont les révélateurs du négatif de l’Homme ; elles sont l’outil du théâtre par excellence.

« La vie n’est qu’une ombre en marche, un pauvre acteur qui se pavane : il s’agite une heure en scène, puis on ne l’entend plus. C’est un conte dit par un idiot, un conte plein de bruit et de fureur, et qui ne signifie rien. » Acte V, scène 5.

 

Note d’Intention

La pièce est très moderne. Le thème central y est le meurtre sous tous ses aspects. C’est un sujet, évidemment, qui ne perd pas son actualité. Les motifs sont universels : la peur et la soif de pouvoir. L’histoire est charnelle et étouffante, le son, la scène et les hommes et femmes sur le plateau respirent le crime. C’est un cauchemar en marche. Le cauchemar est de devoir rester éveillé face à l’insupportable. L’insomnie qui a tout contaminé force Macbeth à regarder l’horreur en face. Je me suis mise à la recherche d’un spectacle épouvantable. Du fond de son siège, le spectateur se voit lui-même sur scène comme face à un miroir déformant.
La peinture m’influence beaucoup dans mon travail de metteur en scène. Ici, mes références sont Jérôme Bosch pour ses visages hideux et indiscutablement moyenâgeux, Goya, par le caractère fantastique et sanguinolent de certaines de ses œuvres, ou encore Rubens pour l’opulence de la Renaissance, et Rembrandt pour sa lumière. Otto Dix m’a aidé pour composer mes sorcières.Le travail des comédiens est très physique. Ils ont dû faire une recherche étendue sur l’animal et le sexuel en eux. Je voulais découvrir l’homme dans la femme et vice versa. Je voulais voir dans les yeux l’instinct et dans les corps des atavismes oubliés. Nous avons cherché ce qui nous reste d’animal dans nos comportements individuels, ainsi que dans nos sociétés. Ce qu’on appelle communément « barbare » ou « inhumain » est sans doute intrinsèque à l’Homme. J’ai voulu esquisser des gestes, créer des tableaux vivants, et faire un travail sonore parfois plus puissant que l’image.
Je cherche un théâtre de l’exaltation, mais nourri de silences, d’immobilité, de vide. Ce « grand spectacle » ne prend toute sa splendeur qu’à côté de la simplicité et du temps mort, où le spectateur continuera peut-être à voir les reflets, les débris de la pièce, déjà achevée.

Katharina Stegemann. Paris, avril 2008.

 

La Mise en Scène

Il y a dans la pièce l’intérieur et l’extérieur : la nature avec ses habitants fantastiques d’une part, et le château, d’autre part, où réside la civilisation. Les scènes extérieures sont suggérées par la reproduction, en fond de scène, d’un paysage nocturne où figure un grand arbre mort. Le château est représenté par un trône en bois brut. Un rideau rouge, symbole même du théâtre (ou celui du rêve et de l’inconscient chez David Lynch), s’étend sur les trois côtés du plateau, et s’ouvre sur le tableau lors des scènes extérieures pour se refermer pendant les scènes intérieures. L’ambiance du château en est oppressante et étriquée. Cet intérieur est le cerveau de tous les crimes, le cœur du mal du pays.
Un sol réfléchissant dédouble les protagonistes d’un monde clivé entre le réel et le fantastique, entre le Moyen-âge et la Renaissance. Ils sont continuellement confrontés à eux-mêmes. Les Sorcières sont les maîtres du jeu. Elles montrent ce qui doit être vu, soufflent ce qui doit être entendu, faisant ainsi voir et entendre les voix de la nature. Elles orchestrent leur prophétie ; alors se soulève la question du libre-arbitre.
Les acteurs incarnent à la fois leurs personnages respectifs et constituent les témoins du drame, une « meute », s’articulant et se désarticulant tel des pantins sous la direction des Sorcières. Leurs visages sont les figures animées d’un tableau qui se peindrait en temps réel. Les muscles et les nerfs en tension déforment les corps et poussent les expressions jusqu’à la grimace ; surgit alors le pulsionnel et le trivial.
Le jeu est exalté, exacerbant le grotesque et le sublime dans la tragédie. Les femmes sont vêtues de robes moirées. Lady Macbeth en porte deux l’une sur l’autre et « mue » de sa première peau. Les hommes portent des fourrures. Des bandes de tissu, tels les sous-vêtements d’un guerrier d’antan, galbent le bas du corps et évoquent en même temps des blessures cachées.
Les trois Sorcières, vêtues en femmes, sans cacher qu’elles sont des hommes, portent des bas et des talons rouges. Elles sont barbues et poilues, mais maquillées. Elles font un mélange peu appétissant des deux sexes - sales et mal lavées.  La chair des acteurs est peinte. La peau devient terre et retrouve l’ocre moyenâgeuse des œuvres de Bosch. Les cheveux des protagonistes sont dressés comme les branches d’un arbre. Duncan puis Macbeth et Lady Macbeth portent une couronne de cheveux, dorée en signe de leur royauté. Les Sorcières sont chauves.

 

Le Traducteur

Auteur d’une douzaine de romans, dont cinq chez Gallimard, et plusieurs ouvrages de poésie (Prix Apollinaire 1999), Claude Mourthé est depuis longtemps un familier de Shakespeare, dont il a traduit, pour sa première mise en scène à l’âge de dix-huit ans, Hamlet. Il a ensuite adapté pour le théâtre et pour France Culture plusieurs de ses œuvres : Beaucoup de bruit pour rien, Les joyeuses Commères de Windsor, Macbeth, Hamlet avec Claude Rich, le Roi Lear avec Jacques Dufilho, et Jules César avec Guy Tréjan, Michel Bouquet, Jean Topart et Pierre Vaneck. Producteur et réalisateur à TF1, on lui doit dans les années 80, la série Le monde est un théâtre.  Il a récemment publié deux ouvrages sur Shakespeare, une biographie (2006) ainsi que William Shakespeare, Scènes Célèbres aux Ed. Folio Bilingue (2008).

 

La Troupe

Réunis autours du projet Macbeth depuis décembre 2006, leurs origines multiples (France, Suisse, Royaume-Uni, Tunisie, Inde, Italie, Pologne, Allemagne, Etats-Unis, Espagne, Algérie) apportent un caractère cosmopolite à la création.

 
Macbeth
Stanley Weber
Lady Macbeth
Lydia Besson
Duncan
David Houri
Malcolm
Clovis Fouin
Donalbain
Hugo Le Guen
Banquo
Elias Cambra
Fleance
Julien Drion
Lennox
Guillaume Compiano
Macduff
Jean-Philippe Albizzati
Lady Macduff
Katharina Stegemann
L'Enfant
Salim Laouar
La Dame de Compagnie
Lucile de San José
Le Médecin
Julien Romelard
1ère Sorcière
Alexandre Ethève
2ème Sorcière
Philippe Dupraz
3ème Sorcière
David Saada
 
Dossier de presse : Elias Cambra, Absium / Flyer : Elias Cambra / Affiche : Guillaume Compiano
Photographes : Céline Knidler, Alberto Crespo-Ocampo