lauréat du Prix de la ville de Cabourg, Festival de Cabourg 2008, attribué par Claude Pinoteau, Colette Nucci, Salomé Lelouche, Yannick Boitrelle et Bruno Noël.
C’est une méditation non linéaire, écrite dans un style très musical et rythmé et traitant de relations "d’amour" et de sexe entre l’homme et la femme dans la société actuelle aux Etats-Unis. On y trouve cet air très américain de parler, de se comporter, d’une façon superficielle et drôle, mais avec un désespoir et un cynisme sous-jacent. Il s’agit ici parler de l’amour et de sa place dans la société occidentale. Entre les Etats-Unis et la France, les analogies sur ce plan sont indéniables. L’Amérique présente les mêmes symptômes, mais amplifiés (comme si on y était en avance sur le chemin vers l’abîme), ce qui donne une impression de caricature, mais ce qui permet également de voir plus clair ce qui reste à l’ombre dans notre propre société.
Trois personnages (A, B et C) jouent tour à tour à la séduction, à l’éducation, à l’esquive, à la conversion de leur partenaire. La pièce est parsemée de lettres originales de Virginia Woolf et de John Keats. Pendant toute la durée de la pièce, les trois acteurs changent de rôle, mais jamais de place. Ils sont assis sur des tabourets de bar. Et ne peuvent pas les quitter. Mais de cet interdit naît une danse sur place et un rapport à l’objet qui se manifeste par chaque détail. A, B et C entre en scène sur un chant macabre pour se lancer dans un hymne à la vie qui pourrait se jouer en boucle. Cette "farce sexuelle" prend forme dans une mise en scène minimaliste, sous une lumière qui se résume à trois spots, un sur chaque acteur. La musique est très connotée américaine, ainsi que les trois visages lisses et beaux, comme trop propres pour être réels. On passe du rire aux larmes, on se reconnaît dans les préoccupations des multiples personnages qui défilent sur les visages et dans les mots des trois acteurs. La pièce est une apologie du sexe et de l’amour, avec ses gouffres et ses apogées.